Collection: Gaston Bertin
"Alors que j'étudiais à la Parsons School of Design à New York, j'ai découvert au MOMA la série des arbres de Mondrian. La transition de sa peinture vers l’abstraction m'a fasciné. Comment était-il possible de voir ce qui est pour créer ce qui n’est pas ?
Pour répondre à un exercice donné par la photographe de mode Lillian Bassman, j'ai photographié un oeuf que j'avais peint en bleu et que j'avais disposé sur un fond rouge. En jouant avec la mise au point de mon appareil j'ai éliminé la nature de la chose photographiée, la couleur et ses interactions sont devenus le sujet de mon image et le point de départ de recherches que je continue jusqu'à ce jour.
La création de mes images est spontanée et intuitive. Je photographie des découpages de papier posés au sol que je modifie aléatoirement pour faire surgir l'inattendu. Une pratique que je qualifie de croisement entre le photographe de rue à la recherche du « moment décisif » tel que décrit par Cartier-Bresson et l'approche spontanée, automatique et subconsciente de la création des peintres expressionnistes abstrait.
La sélection des images et la post-production, moment conceptuel de la création, est une période méditative où un questionnement doit faire place à une volonté.
Les artistes minimalistes des années 60 comme Carl André, Donald Judd, Sol LeWitt, Fred Sandback sont une référence. Ils ont une approche théorique que j'admire, ils ont redéfini ce qu'était la sculpture, non pas un objet seul mais un objet dans l’espace.
Mes images sont contrecollées sur des structures que je conçois et que je confectionne, elles ont du volume, une présence physique.
La couleur est prédominante, la narrative est invisible."
Gaston BERTIN